Feux Croisés
Lundi 12 Novembre 2012
Dossiers

Dossier Olivier Assayas




Dossier Olivier Assayas
Le Sacre du Printemps à l’heure d’été. À en croire sa double ovation en 2012, entre le festival Paris Cinéma et la Mostra de Venise, le signe du lion sied à Olivier Assayas. Désordre revendiqué et Après mai consensuel ? Entre ces deux longs-métrages dont les titres rugissant forment un troublant miroir, il y a douze films et vingt-six ans de travail.
« Je hais ces vieux poètes qui disent ‘‘ j’ai fait choses à cette époque mais c’était une autre époque’’», dit Gilles, son alter ego, comme s’il nous confiait tout bas « après mai mais avec moi ». La question n’est pas tant de déterminer si Olivier Assayas fait acte de poésie dans son dernier film que de se demander dans quelle mesure son regard de cinéaste soutient ici l’engagement de la jeunesse ou établit un état des lieux aux vagues reflets conservateurs. Chacun aura sa petite idée sur la chose ; alors, sous les textes, pavés ou non, que jaillissent nos plumes (et des nouvelles, de surcroît) !
L’heure des « mais », résolument, dans un dossier où se bousculent les paradoxes, où il a été difficile pour chacun de ne pas voir fuser d’interrogations là où l’on croyait pouvoir défendre une affirmation personnelle. La trajectoire d’Olivier Assayas a quelque chose de ses personnages en fuite, entre autoroutes parcourues dans la fulgurance (il s’agit autant des Destinées sentimentales (1998) que de Carlos (2010)) ou avancées hors des sentiers battus (HHH, Un portrait de Hou Hsiao-hsien (1997), demonlover (2002)), avec ce souci certain que la toile de cinéma ne doit pas strictement épouser une forme hexagonale. Quel écho plus vivace pouvions-nous trouver à l’ouverture de Feux du Monde ? 
En nous embarquant à ses côtés par l’opération d’un flash-back, Olivier Assayas nous offre ainsi l’occasion de revisiter un pan de son œuvre, de mettre en regard ses films et d’ouvrir leurs frontières. Mettre en regard ; c’est une manière de ne pas considérer le présent comme définitif mais constitutif d’une œuvre mouvante, qui se démarque d’un certain cinéma français contemporain tout en nous renvoyant ses symptômes. Il est néanmoins délicat de s’engager quant au tournant qu’Après mai serait susceptible de constituer dans son parcours : pause ? pose ? retour aux sources ? Quelle que soit votre réponse, vous venez de franchir la boarding gate ;  visez où il vous plaira pour arpenter ce dossier.

Dossier réalisé sous la direction de Claire Allouche
avec des textes de
Claire Allouche
Emile Bertherat
Cédric Bouchoucha
Jérôme Dittmar
Laurent Husson
Camille Polet
Sidy Sakho
Linda Zheng

Remerciements particuliers à Chloé Beaumont, Cédric Bouchoucha, Cyril Cante, Clémence Diard, Auréliano Tonet et Jean-Jacques Ruttner.

Nous mettons aussi à votre disposition une playlist Spotify de moins d'une heure.



Claire Allouche
Après une perm' à Nantes de deux ans en Ciné-Sup, continue sa poursuite des images filantes dans... En savoir plus sur cet auteur


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